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Transe-position

Transe-position

Journal d'une néophyte en hypnose

Quand la porte s’ouvre

Ce jour-là je n’en menais pas large dans ce train qui me menait vers ma première session de formation en hypnose Ericksonienne. J’étais partagée entre une immense excitation et une toute aussi grande pression.  Je ne jouais pas ma vie bien-sûr, mais mes espoirs étaient grands, mes attentes aussi.   

Quel bonheur de pouvoir enfin mettre un pied dans ce monde-là. Quelle chance d’être formée dans cette école, celle qui était à l’origine du déclic et dont les valeurs me parlaient tant.

Oui mais n’avais-je pas trop fantasmé ce qui m’attendait ? Et si la réalité n’était finalement pas à la hauteur ? Qu’en serait-il de mon projet ? Faudrait-il renoncer, recommencer à chercher ?

Rien que mon dialogue intérieur habituel, exacerbé par quelques mois d’attente. Et la sensation de se jeter à l’eau, enfin (ou déjà ?!). Des instants très étranges à vivre, durant lesquels les sensations se mélangent, donnant presque le tournis. Comme s’il y avait à la fois tout à gagner, et tout à (me) prouver.

Quand la porte s’ouvre

Quand j’ai poussé la porte de la salle déjà bien remplie, j’étais motivée comme jamais. Et stressée au possible. Curieux cocktail qui générait des tremblements intempestifs. Cela ne m’a pas empêché d’apprécier cette première journée et de retrouver la philosophie qui m’avait touchée d’emblée. Bienveillance et exigence, voilà les mots clés que je retenais dès les premières paroles du formateur. Quoi de mieux pour avancer en toute sérénité ?

Pourtant il m’aura fallu quelques journées pour me détendre et me faire confiance. Le temps d’expérimenter un peu, de dépasser mes peurs et quelques croyances limitantes. De faire connaissance avec les autres stagiaires aussi, de ressentir la cohésion et l’unicité du groupe. C’est toujours bouleversant de se sentir si proche d’autres personnes qu’on ne connaissait pas la semaine précédente. Vivre des choses fortes, ça rapproche, d’autant plus quand la sincérité est au cœur de la technique enseignée.

Je savais que l’hypnose était une technique avant tout, et que son apprentissage était donc possible pour tout un chacun. J’avais aussi l’intuition, et elle ne m’aura pas trompée, qu’un certain lâcher-prise était nécessaire pour en faire de belles choses. Un peu comme le solfège et le doigté sont nécessaires mais non suffisants au musicien pour interpréter un morceau. Voilà d’ailleurs un mot qui résume parfaitement ma pensée : interpréter. En tant que pianiste, interpréter ça exprime se laisser porter par la musique, par les émotions qu’elle génère, tout en faisant appel à la créativité pour produire quelque chose d’unique.  C’est une jolie métaphore d’une séance d’hypnose, qui pourrait tout aussi bien s’appliquer au praticien qu’à la personne accompagnée. En plein apprentissage, je n’en suis qu’au déchiffrage, pas encore à l’interprétation, même si certains aspects me semblent plus naturels que d’autres.

En tous cas, j’ai beaucoup appris en une semaine. Autant sur les techniques hypnotiques que sur moi-même. C’est un premier pas extrêmement motivant, qui génère toujours plus l’envie d’avancer en terrain un tout petit peu moins inconnu.

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