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Transe-position

Transe-position

Journal d'une néophyte en hypnose

Quand on se sent pousser des ailes

Certaines personnes se sentent à l’étroit dans la foule, manquant parfois d’air et d’espace, tandis que d’autres y trouvent naturellement leur place et savent en tirer avantages et s’épanouir sous le regard du groupe. Et à l’inverse, certains ont plus à l’aise en comité réduit, se sentant davantage écoutés et reconnus pour ce qu’ils sont vraiment, lorsque ça peut être plus compliqué pour d’autres qui ont la sensation d’en dévoiler plus qu’ils ne voudraient. 

Et puis il y a le contexte qui joue bien sûr. Un environnement rassurant pour l’un sera anxiogène pour l’autre, en fonction de l'ambiance sonore, de la luminosité du lieu ou encore de la façon dont chacun perçoit les enjeux de la situation. Dans un contexte de formation, se retrouver au milieu d’autres qui semblent avoir déjà acquis bon nombre de compétences pourra motiver certains à se dépasser, tandis que d’autres s’en trouveront paralysés et se remettront en questions.

Et puis parfois, il suffit d’un regard, d’un mot au détour d’une conversation, d’une attention particulière pour que la pression redescende d’un cran. Un pique-nique improvisé sur la plage, quelques cartes de tarot qu’on s’amuse à décrypter, une complicité inattendue qui se créée, quelques éléments insignifiants pris séparément qui, une fois réunis, donnent un élan.

Quand on se sent pousser des ailes

C’est cet élan que j’ai ressenti lors de ma dernière semaine de formation. Un leitmotiv qui s’est inscrit en lettres scintillantes dans mon esprit et qui revenait à chaque fois qu’un doute apparaissait : JUST DO IT. J’ai donc décidé de faire, plutôt que de penser. De me laisser porter et de profiter de chaque instant pour tester de nouvelles choses, de sortir de ma zone de confort et de me faire confiance.

Un peu comme, en haut d’un pont, un élastique accroché aux chevilles, on se demande tout à coup ce qui a bien pu nous donner l'idée saugrenue de se lancer dans le vide. Et puis à un moment ou à un autre, mu par la vision d'un oisillon sautant du nid ou quelque chose comme ça, on choisit de couper court à toutes les bonnes raisons qu’on aurait de maintenir nos pieds au sol. Parce que finalement, l’envie de connaître de nouvelles sensations, prend plus de place que l’appréhension, et qu’on a peut-être tout à gagner à se laisser tomber en avant, en parfaite sécurité. Alors on franchit le pas, timidement ou franchement. Et une fois en l'air, passés les premiers instants où le visage est crispé, les muscles contractés et le coeur battant à tout rompre, une autre sensation s'installe rapidement. Le souffle puissant du vent sur le visage, les sons déformés par la vitesse, le corps découvre une nouvelle forme de liberté. Les yeux s'ouvrent en grand, le cri d'abord d'effroi devient celui de l'émerveillement. Et l'expérience devient tellement grisante !

En sautant de mon pont, j’ai apprécié cette sensation de liberté nouvelle, lorsque les pensées s’éloignent et que toutes les perceptions sont transformées. Alors je suis remontée sur le parapet pour me jeter à nouveau dans le vide. Et cette fois-ci j’étais pleinement consciente du côté enivrant et euphorisant de l’expérience, alors j’ai choisi de sauter à pieds joints sans me poser la moindre question, juste dans l’attente de ma dose d’endorphines.

Et si j’en crois les feedbacks encourageants et l'enthousiasme de mes sujets, bien m’en a pris de me prendre pour un oiseau ! Alors bien sûr, le saut de l’ange n’est pas encore parfait, il reste bien des détails à affiner avant d’envisager de participer à un concours de plongeons, mais l’apprentissage est tellement jubilatoire que c’en est d’autant plus motivant.

Voilà, l’oisillon est sorti du nid, il a pris son envol, et continue de s’entrainer à battre des ailes le plus souvent et le plus fort possible pour prendre des forces et de l’assurance, tout en gardant les yeux rivés sur à sa prochaine destination.

Quand on se sent pousser des ailes

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